{"id":72,"date":"2022-03-10T00:48:50","date_gmt":"2022-03-09T23:48:50","guid":{"rendered":"http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/?page_id=72"},"modified":"2022-03-17T01:14:13","modified_gmt":"2022-03-17T00:14:13","slug":"1-le-projet-da-dees","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/?page_id=72","title":{"rendered":"1. Le projet d&rsquo;A. Dees"},"content":{"rendered":"\r\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\r\n<p><a href=\"#1.1.\">1.1. Origine et motivation<\/a><br \/><a href=\"#1.2.\">1.2. Localisation des textes dans le temps et l&rsquo;espace<br \/><\/a><a href=\"#1.3.\">1.3. Des chartes aux textes litt\u00e9raires<br \/><\/a><a href=\"#1.4.\">1.4. CorpusD : les 200 textes de l&rsquo;AD87<br \/><\/a><a href=\"#1.5.\">1.5. Post\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre deesienne<\/a><\/p>\r\n<\/div><\/div>\r\n\r\n\r\n<hr \/>\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"1.1.\" style=\"font-size: 17px;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">1.1. Origine et motivation<\/span><\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Lorsque Anthonij Dees \u00e9crit sa th\u00e8se qui sera soutenue en 1971, la doctrine victorieuse concernant la variation constat\u00e9e dans les textes de l&rsquo;afr. aux 12<sup>e<\/sup> et 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cles est celle de la <em>koin\u00e8<\/em>, ou de ce que l&rsquo;on appellera la <em>scripta<\/em>. Suite au travail de Remacle (1948) sur une charte wallone (Li\u00e8ge) de 1236, elle avait dans l&rsquo;apr\u00e8s-guerre conquis le milieu m\u00e9di\u00e9viste. Unanimement accept\u00e9e et encens\u00e9e par la critique qui croit y voir la cl\u00f4ture d\u00e9finitive d&rsquo;un d\u00e9bat philologique qui a occup\u00e9 les esprits depuis le 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l&rsquo;id\u00e9e est que les textes ne refl\u00e8tent plus une variation dialectale qui a exist\u00e9 mais \u00e0 partir du 12<sup>e<\/sup> si\u00e8cle c\u00e8de le pas \u00e0 l&rsquo;expansion d&rsquo;un fran\u00e7ais \u00e9crit supra-r\u00e9gional. Ainsi \u00ab\u00a0les auteurs wallons du moyen \u00e2ge n&rsquo;avaient pas voulu \u00e9crire du wallon, mais du &lsquo;fran\u00e7ais'\u00a0\u00bb (Gossen 1976 : 20, paraphrasant Jules Feller). Voici comment Dees (1984) d\u00e9crit cette id\u00e9e :<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0ne suffit-il pas, pour expliquer des m\u00e9langes incoh\u00e9rents de formes dialectales, de supposer que le texte a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;influence de plusieurs dialectes diff\u00e9rents\u00a0? Compte tenu de la nature particuli\u00e8re du texte litt\u00e9raire, qui ne reste pas n\u00e9cessairement confin\u00e9 dans son pays de naissance, une telle supposition n&rsquo;a \u00e9videmment rien d&rsquo;impossible\u00a0; aussi n&rsquo;a-t-on pas manqu\u00e9 de faire fr\u00e9quemment appel \u00e0 cette solution commode pour expliquer les incoh\u00e9rences qui se pr\u00e9sentent. Une th\u00e9orie de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale est venue l\u00e9gitimer l&rsquo;aspect h\u00e9t\u00e9roclite de textes particuliers\u00a0: au XIIIe si\u00e8cle les influences qu&rsquo;exercent les dialectes les uns sur les autres, se multiplieraient et notamment la langue du Centre exercerait, au moins depuis le XIIIe si\u00e8cle, une influence profonde sur les dialectes voisins et p\u00e9riph\u00e9riques. C&rsquo;est \u00e0 peine si on ose encore parler de dialectes, terme qu&rsquo;il vaudrait mieux remplacer par celui de scripta ou de fran\u00e7ais r\u00e9gional pour bien faire comprendre que les copistes de cette \u00e9poque ont pour id\u00e9al d&rsquo;imiter, sans y r\u00e9ussir toujours, le mod\u00e8le de la capitale. Ainsi, sur le plan de la langue \u00e9crite, les dialectes seraient nettement en recul devant une langue nationale qui cherche \u00e0 s&rsquo;imposer.\u00a0\u00bb (Dees 1984\u00a0: 102 sq.)<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">L&rsquo;\u00e9tude des <em>scriptae<\/em> est depuis devenu une discipline \u00e9tablie (Gossen 1979, Lodge 2008), mais A. Dees n&rsquo;a pas voulu croire qu&rsquo;une influence supra-r\u00e9gionale e\u00fbt enseveli la variation dialectale, que la variation pr\u00e9sente dans les textes des 12<sup>e<\/sup> et 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cles ne r\u00e9v\u00e9l\u00e2t rien sur la diatopie. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1985 il explique la motivation et l&rsquo;origine du projet qui l&rsquo;aura occup\u00e9 toute sa vie (Dees 1985). Il \u00e9crit en 1987\u00a0:<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0[L]a supposition qu&rsquo;un fran\u00e7ais \u00e9crit commun serait en train de se r\u00e9pandre sur le domaine d&rsquo;o\u00efl d\u00e8s avant 1300 est incompatible avec la constatation empirique que toute une s\u00e9rie de caract\u00e9ristiques r\u00e9gionales se r\u00e9v\u00e8lent parfaitement intactes, lorsqu&rsquo;on les \u00e9tudie dans un vaste ensemble de chartes.\u00a0\u00bb (Dees 1987\u00a0: vii)<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0[P]lusieurs arguments [\u2026] invitent \u00e0 conclure que l&rsquo;existence d&rsquo;un fran\u00e7ais \u00e9crit commun correspond \u00e0 une invention moderne plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 observable du 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.\u00a0\u00bb (Dees 1987\u00a0: xi)<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dees a donc entrepris d&rsquo;abord la d\u00e9monstration que les textes du 12<sup>e<\/sup> et 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cles rec\u00e8lent bel et bien une fine variation diatopique (d\u00e8s sa th\u00e8se en 1971), ensuite la cr\u00e9ation d&rsquo;un instrument qui permette de la mesurer avec pr\u00e9cision. Le propos de l&rsquo;ADE22 est de reconstruire cet instrument, perdu dans la transmission inter-g\u00e9n\u00e9rationnelle et les vicissitudes num\u00e9riques (voir section 2), pour le rendre librement accessible.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Produits de cet instrument qui lui-m\u00eame est toujours demeur\u00e9 invisible pour le grand public, deux atlas ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s par Dees\u00a0: l&rsquo;atlas des chartes du 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en 1980 (Dees 1980, infra appel\u00e9 AD80), puis en 1987 l&rsquo;atlas des textes litt\u00e9raires (Dees 1987, infra AD87).<\/span><\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"1.2.\" style=\"font-size: 17px;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">1.2. Localisation des textes dans le temps et l&rsquo;espace<\/span><\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dees est ainsi le fondateur de la dialectologie moderne de l&rsquo;afr. L&rsquo;instrument qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9 pour <em>in fine<\/em> produire des cartes g\u00e9ographiques qui affichent la variation diatopique a suppos\u00e9 un travail philologique et informatique pendant de longues ann\u00e9es, entrepris depuis 1971 avec le concours de Piet van Reenen (ce dont Dees 1992\u00a0: 24 sqq. et van Reenen &amp;Sch\u00f8sler 2000\u00a0: 26 sq. font le r\u00e9cit). Classifiant et s\u00e9lectionnant des textes dont la localisation dans l&rsquo;espace et dans le temps peut inspirer quelque confiance, ce travail a produit deux corpus\u00a0: celui des chartes \u00e0 la base de l&rsquo;AD80, et celui des textes litt\u00e9raires qui a fond\u00e9 l&rsquo;AD87. Le traitement de l&rsquo;\u00e9norme masse de donn\u00e9es \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, avec les moyens technologiques que l&rsquo;on imagine, g\u00e9r\u00e9 par ordinateur\u00a0: les corpus \u00e9taient enti\u00e8rement num\u00e9ris\u00e9s, et chaque mot \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 un code \u00e0 trois chiffres (qui note la cat\u00e9gorie grammaticale), le code Dees dont il sera encore question <em>infra<\/em> (voir section 4.5).<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">D\u00e8s sa conception, Dees avait pr\u00e9vu les \u00e9tapes de son projet qui, \u00e0 l&rsquo;issue de quelques 15 ann\u00e9es de labeur, allait aboutir \u00e0 l&rsquo;AD87. L&rsquo;obstacle majeur lorsque l&rsquo;on veut faire la dialectologie de l&rsquo;\u00e9tat ancien d&rsquo;une langue qui ne nous est parvenue que sous forme \u00e9crite est la localisation des textes\u00a0: localisation dans le temps et dans l&rsquo;espace. Car on ne peut aller dans un village pour enregistrer les locuteurs.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dees rencontre cet obstacle en misant sur un type de textes particulier, les chartes. D&rsquo;une part elles sont d&rsquo;ordinaire dat\u00e9es\u00a0: une vente de biens, une loi, un jugement etc. ont une date, importante pour les usagers d&rsquo;alors. D&rsquo;autre part leur localisation dans l&rsquo;espace est souvent explicite dans le document (une vente a lieu \u00e0 un endroit), et le scripteur est soumis \u00e0 beaucoup moins de mobilit\u00e9 g\u00e9ographique que pour d&rsquo;autres types de textes\u00a0: les eccl\u00e9siastiques et auteurs litt\u00e9raires voyageaient beaucoup et quand bien m\u00eame un texte puisse \u00eatre localis\u00e9 dans l&rsquo;espace (un monast\u00e8re par exemple), on ne sait jamais quelle \u00e9tait l&rsquo;origine g\u00e9ographique de celui qui l&rsquo;a \u00e9crit. Dans le cas des chartes, le scripteur a davantage de chances d&rsquo;\u00eatre originaire de la zone g\u00e9ographique dans laquelle le document est localis\u00e9. Dees (1984\u00a0: 106-108) explique cette d\u00e9marche et indique qu&rsquo;en ce point il ne fait que suivre le pionnier de la dialectologie de l&rsquo;afr., Gustave Fallot, qui en 1839 \u00e9crit\u00a0:<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0je ne me suis pas servi, pour la distinction des dialectes de la langue d&rsquo;o\u00efl, des textes d&rsquo;ouvrages, parce que les lieux o\u00f9 les livres ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s sont presque toujours incertains et ne peuvent gu\u00e8re \u00eatre d\u00e9termin\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aide de conjectures. Je me suis procur\u00e9 [\u2026] un assez grand nombre de chartes en langage vulgaire du XIIIe si\u00e8cle. [&#8230;] Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s un long usage de ces solides ressources que j&rsquo;ai entrepris de classer les textes litt\u00e9raires avec quelque assurance.\u00a0\u00bb Fallot (1839\u00a0: 32 sq.)<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ainsi l&rsquo;AD80 est bas\u00e9 sur 3.300 chartes comportant pr\u00e8s d&rsquo;un million de mots (Dees 1992\u00a0: 24, van Reenen &amp; Sch\u00f8sler 2000\u00a0: 38) et qui sont localis\u00e9es dans 87 points g\u00e9ographiques (\u00ab\u00a0points d&rsquo;enqu\u00eate\u00a0\u00bb, voir section 3.2).<\/span><\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"1.3.\" style=\"font-size: 17px;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">1.3. Des chartes aux textes litt\u00e9raires<\/span><\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour l&rsquo;AD80, Dees a choisi 268 ph\u00e9nom\u00e8nes (issus de quelques 300 initialement consid\u00e9r\u00e9s, Dees 1984\u00a0: 110) qui lui paraissaient pertinents et informatifs pour son propos de caract\u00e9riser la variation diatopique en fonction des 87 points \u00ab\u00a0d&rsquo;enqu\u00eate\u00a0\u00bb qui constituent le maillage g\u00e9ographique de l&rsquo;AD80. Il a ensuite annot\u00e9 chaque texte pour chacun de ces ph\u00e9nom\u00e8nes\u00a0: le pronom <em>nous<\/em> appara\u00eet-il sous la forme <em>nous<\/em> ou <em>nos<\/em> (ph\u00e9nom\u00e8ne no 13)\u00a0? Le mot <em>seigneur<\/em> est-il \u00e9crit <em>seigneur<\/em> ou <em>seignor<\/em> (ph\u00e9nom\u00e8ne 187)\u00a0? Le participe pass\u00e9 de <em>faire<\/em> le rencontre-t-on sous la forme <em>fait<\/em> ou <em>fet<\/em> (ph\u00e9nom\u00e8ne 259)\u00a0? Et ainsi de suite. Cela a donn\u00e9 les 268 cartes lexicales publi\u00e9es dans l&rsquo;AD80 (cartes no 1 \u00e0 268).<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ayant ainsi caract\u00e9ris\u00e9 les 87 points g\u00e9ographiques en fonction de leur affinit\u00e9 avec les 268 ph\u00e9nom\u00e8nes choisis, Dees a annot\u00e9 les textes litt\u00e9raires qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de localiser en fonction de ces 268 ph\u00e9nom\u00e8nes. Il a ensuite calcul\u00e9, pour chacun des 87 points g\u00e9ographiques, la distance entre leurs valeurs pour les 268 ph\u00e9nom\u00e8nes et celles du texte litt\u00e9raire \u00e0 localiser.<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> En 1980 lorsque l&rsquo;AD87 n&rsquo;\u00e9tait encore qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de projet, Dees montre le r\u00e9sultat de sa proc\u00e9dure de localisation\u00a0: l&rsquo;AD80 contient en appendice deux cartes qui localisent d&rsquo;une part les chartes d&rsquo;Arras selon cette m\u00e9thode (sous (1)), d&rsquo;autre part un texte litt\u00e9raire (sous (2)).<\/span><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\">(1) AD80 (p. 371)\u00a0: test de localisation des chartes d&rsquo;Arras par les 268 ph\u00e9nom\u00e8nes<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"685\" class=\"wp-image-82\" src=\"http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.371-1.png\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.371-1.png 900w, http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.371-1-300x228.png 300w, http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.371-1-768x585.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\">(2) AD80 (p. 370) : localisation d&rsquo;un texte litt\u00e9raire par les 268 ph\u00e9nom\u00e8nes<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"896\" height=\"688\" class=\"wp-image-84\" src=\"http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.370-1.png\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.370-1.png 896w, http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.370-1-300x230.png 300w, http:\/\/atlasdees.unice.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/AD80-p.370-1-768x590.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 896px) 100vw, 896px\" \/><\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Un nouveau texte \u00e0 localiser poss\u00e8de ses valeurs pour les 268 ph\u00e9nom\u00e8nes classificateurs (en pourcentage de leur survenance). L&rsquo;alignement de celles-ci avec les valeurs d&rsquo;une matrice faite de 87&#215;268 points dans le but de calculer la distance avec chacun des 87 points g\u00e9ographiques n&rsquo;est pas une mince affaire math\u00e9matiquement parlant. L&rsquo;algorithme que Dees a utilis\u00e9 pour faire ce calcul est aujourd&rsquo;hui perdu\u00a0: Hans Goebl a cherch\u00e9 \u00e0 le reconstruire \u00e0 partir de l&rsquo;h\u00e9ritage papier de Dees (voir section 1.5) \u2013 sans succ\u00e8s (Goebl 2011\u00a0: 668f, Goebl &amp; Sme\u010dka 2016, 2017). Mais nous disposons tout de m\u00eame d&rsquo;une description assez d\u00e9taill\u00e9e de cet algorithme, certes en prose et qui ne mentionne pas tous les d\u00e9tails, fournie par Dees &amp; de Vries (1979) et Dees (1984\u00a0: 111-114).<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">En se basant sur un calcul au moyen de cet algorithme, Dees d\u00e9termine, pour un texte candidat \u00e0 la localisation, un indice de fiabilit\u00e9 pour chacun des 87 points g\u00e9ographiques. En 1980, celui-ci allait de -100 (basse fiabilit\u00e9) \u00e0 +100 (haute fiabilit\u00e9)\u00a0: pour une localit\u00e9 donn\u00e9e, la probabilit\u00e9 que le texte \u00e0 localiser y ait son origine est d&rsquo;autant plus forte que l&rsquo;indice se rapproche de 100, et d&rsquo;autant plus faible qu&rsquo;il s&rsquo;approche de -100.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour le texte litt\u00e9raire sous (2) par exemple, le score le plus \u00e9lev\u00e9 (94) identifie la Somme \/ Pas-de-Calais en tant qu&rsquo;origine la plus probable. On voit \u00e9galement que cette probabilit\u00e9 d\u00e9cro\u00eet au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9loigne de cette r\u00e9gion, pour atteindre sa valeur la plus n\u00e9gative (-28) \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de l&rsquo;espace dialectal en Vend\u00e9e.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dees adjuge donc la localisation d&rsquo;un texte candidat \u00e0 l&rsquo;endroit qui pr\u00e9sente le plus fort indice de fiabilit\u00e9\u00a0: dans le cas du texte sous (2), l&rsquo;origine retenue est donc la Somme \/ Pas-de-Calais, et il est accompagn\u00e9 de l&rsquo;indice 94 indiquant la relative fiabilit\u00e9 de ce classement.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Cette m\u00e9thode permet \u00e9galement de d\u00e9terminer les origines g\u00e9ographiques multiples de textes dont la localisation est peu fiable. Ainsi Dees (1984\u00a0: 113 sq.) fait \u00e9tat de la version A de la <em>Vie du pape Saint Gr\u00e9goire<\/em> qui par son indice le plus \u00e9lev\u00e9 se localise \u00e0 La Rochelle en Charente Maritime. Mais cet indice, 62, est faible\u00a0: il ne refl\u00e8te que tr\u00e8s imparfaitement les caract\u00e9ristiques de La Rochelle d\u00e9finies par les chartes. Dees a alors isol\u00e9 ceux des 268 crit\u00e8res qui pr\u00e9sentent une forte dissemblance avec ce qui se pratique \u00e0 La Rochelle, et a localis\u00e9 ce sous-ensemble avec sa m\u00e9thode. Le r\u00e9sultat identifie la Wallonie, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du territoire, comme origine g\u00e9ographique. Ayant pu par ailleurs d\u00e9terminer que la couche wallone du texte est la plus ancienne, Dees conclut que celui-ci provient de la Wallonie et a \u00e9t\u00e9 transcrit et partiellement adapt\u00e9 au Sud-Ouest. Ainsi les indices faibles, en-dessous de 75 selon l&rsquo;estimation de Dees (1986\u00a0: 512) (seuil <em>in fine<\/em> r\u00e9vis\u00e9 \u00e0 70 pour l&rsquo;AD87, voir section 1.4), identifient un texte en tant que m\u00e9lange de plusieurs dialectes\u00a0: \u00e9crit par exemple \u00e0 un endroit, puis copi\u00e9 et adapt\u00e9 ailleurs, ou ayant eu plusieurs r\u00e9dacteurs originaires de r\u00e9gions diff\u00e9rentes.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Afin de tester la fiabilit\u00e9 de sa m\u00e9thode de localisation, Dees y a soumis des centaines de chartes du 14<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dont l&rsquo;origine g\u00e9ographique est connue, \u00ab\u00a0et le r\u00e9sultat est presque invariablement tr\u00e8s satisfaisant dans ce sens que l&rsquo;ordinateur choisit exactement le point g\u00e9ographique donn\u00e9\u00a0\u00bb (Dees 1992\u00a0: 24).<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans ce contexte, van Reenen &amp; Sch\u00f8sler (2000\u00a0: 27) font \u00e9tat du fait que certaines distributions g\u00e9ographiques \u00e9tablies par la m\u00e9thode de localisation pour l&rsquo;afr. subsistent jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours dans les dialectes modernes.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Goebl (2011) et Goebl &amp; Sme\u010dka (2016, 2017) ont pu refaire, par ordinateur, le calcul de localisation de 222 textes litt\u00e9raires \u00e0 partir des donn\u00e9es fournies par les liasses papier de l&rsquo;h\u00e9ritage Dees (voir section 1.5). Ils confirment le succ\u00e8s et la grande fiabilit\u00e9 des calculs et localisations qu&rsquo;a op\u00e9r\u00e9s l&rsquo;\u00e9quipe Dees dans les ann\u00e9es 80.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Fort de cet instrument qui permet la localisation des textes dans l&rsquo;espace, Dees (1986\u00a0: 512 sq.) prend sa revanche sur Louis Remacle et son analyse de la charte li\u00e9geoise de 1236, ainsi que sur la notion de scripta enfant\u00e9e par eux\u00a0: sa m\u00e9thode localise ladite charte pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Li\u00e8ge, avec un coefficient de 96.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0L&rsquo;argumentation de Remacle, si ing\u00e9nieusement malveillante et partiale \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la fameuse charte li\u00e9geoise de 1236, est un \u00e9tonnant d\u00e9raillement m\u00e9thodologique, qui ne m\u00e9rite pas d&rsquo;\u00eatre pris au s\u00e9rieux. Faute de pouvoir d\u00e9velopper ici les objections qu&rsquo;il convient d&rsquo;opposer \u00e0 l&rsquo;apriorisme anti-wallon de Remacle, je montrerai au moins les r\u00e9sultats de la localisation de la charte de 1235 [erreur\u00a0: 1236], dont l&rsquo;interpr\u00e9tation erron\u00e9e l&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 propager cette notion si parfaitement inutile de scripte wallonne (voir carte no.4). Ces r\u00e9sultats prouvent \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, je crois, que ce v\u00e9n\u00e9rable document n&rsquo;est pas moins authentiquement li\u00e9geois que le M\u00e9dicinaire par exemple. Il convient donc de le restituer, sans la moindre r\u00e9serve, au patrimoine wallon dont il a \u00e9t\u00e9 abusivement s\u00e9par\u00e9.\u00a0\u00bb Dees (1986\u00a0: 513, soulignement dans l&rsquo;original)<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Et Dees de conclure\u00a0:<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Pour toute la p\u00e9riode ant\u00e9rieure \u00e0 1300 l&rsquo;ancien fran\u00e7ais n&rsquo;existe que sous la forme de ses variantes locales et l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une langue \u00e9crite nationale qui chercherait \u00e0 s&rsquo;imposer est une supposition chim\u00e9rique et dangereuse.\u00a0\u00bb Dees (1986\u00a0: 513)<\/span><\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"1.4.\" style=\"font-size: 17px;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">1.4. CorpusD\u00a0: les 200 textes de l&rsquo;AD87<\/span><\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour l&rsquo;AD87, Dees a travaill\u00e9 sur 235 textes litt\u00e9raires, qu&rsquo;il a num\u00e9ris\u00e9s, annot\u00e9s en fonction des 268 ph\u00e9nom\u00e8nes, et pour lesquels il a calcul\u00e9 l&rsquo;indice de fiabilit\u00e9. En 1987, celui-ci a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 \u00e0 une valeur entre 0 et 100 (plut\u00f4t qu&rsquo;entre -100 et +100), et on l&rsquo;appelle d\u00e9sormais le coefficient Dees.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dees a d\u00e9cid\u00e9 de ne retenir pour l&rsquo;AD87 que les textes ayant un coefficient de 70 ou davantage. Cela d\u00e9finit le corpusD utilis\u00e9 pour l&rsquo;AD87, r\u00e9duit \u00e0 200 textes. Les 35 textes non retenus (dont la liste, absente dans l&rsquo;AD87, est fournie par van Reenen &amp; Sch\u00f8sler 2000\u00a0: 40-43) pr\u00e9sentent un coefficient que Dees n&rsquo;a pas jug\u00e9 suffisant pour une localisation quelque peu fiable.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous avons pour les besoins de l&rsquo;ADE22 reconstitu\u00e9, \u00e0 partir des fichiers Dees d&rsquo;origine, le corpus informatique des 200 textes qui fondent l&rsquo;AD87\u00a0: la construction de ce corpusD est d\u00e9crite en section 4.2, o\u00f9 la liste des 200 textes avec les d\u00e9tails pertinents (\u00e9dition, localisation, coeff. D, nombre de mots, etc.) est \u00e9galement fournie. Les 200 textes totalisent 2.214.196 mots.<\/span><\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"1.5.\" style=\"font-size: 17px;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">1.5. Post\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre deesienne<\/span><\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Anthonij Dees est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2001 (Sch\u00f8sler 2002 fait le travail n\u00e9crologique). Son h\u00e9ritage (acad\u00e9mique) ainsi que de celui de son \u00e9quipe est r\u00e9sum\u00e9 par van Reenen &amp; Sch\u00f8sler (2000) et a ensuite pris des chemins tortueux d\u00e9crits par Kunstmann &amp; Stein (2007\u00a0: 9), Goebl 2011 et Goebl &amp; Sme\u010dka (2016, 2017). On avait trouv\u00e9 dans les caves de l&rsquo;Universit\u00e9 Libre d&rsquo;Amsterdam sept cartons contenant 222 liasses papier fortes de 152 pages chacune et dat\u00e9es de 1983, qui ont servi \u00e0 calculer la localisation de 222 textes litt\u00e9raires pour l&rsquo;AD87. Goebl &amp; Sme\u010dka (2016\u00a0: 322, 2017) rapportent que lors du colloque organis\u00e9 par Pierre Kunstmann et Achim Stein \u00e0 Lauterbad en For\u00eat Noire en 2006, Piet van Reenen en a montr\u00e9 des extraits, disant que l&rsquo;Universit\u00e9 Libre allait tout d\u00e9truire \u00e0 moins qu&rsquo;une \u00e2me int\u00e9ress\u00e9e ne se trouve pour conserver et exploiter les listings. Hans Goebl a lev\u00e9 la main et les sept cartons sont ainsi arriv\u00e9s chez lui \u00e0 Salzbourg. Goebl (2011\u00a0: 667ff) et Goebl &amp; Sme\u010dka (2016\u00a0: 322, 2017\u00a0: 17ff) expliquent le d\u00e9tail de leur contenu et de ce qu&rsquo;ils en ont pu comprendre et retirer (voir section 1.3). \u00a0<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">S&rsquo;agissant de l&rsquo;h\u00e9ritage num\u00e9rique de Dees et de son \u00e9quipe, il nous est parvenu de mani\u00e8re incompl\u00e8te seulement. Piet van Reenen nous a expliqu\u00e9 en 2017 que la totalit\u00e9 des fichiers originaux \u00e9tait entrepos\u00e9 sur les serveurs de l&rsquo;Universit\u00e9 Libre d&rsquo;Amsterdam, et qu&rsquo;il les y croyait en paix. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 il a appris qu&rsquo;\u00e0 la faveur d&rsquo;un changement de syst\u00e8me d&rsquo;exploitation, l&rsquo;Universit\u00e9 a d\u00e9truit des donn\u00e9es, sans avertissement (Goebl 2011\u00a0: 667 rapporte que cet \u00e9v\u00e9nement est ant\u00e9rieur \u00e0 1997). P. van Reenen a alors cherch\u00e9 \u00e0 sauvegarder ce qu&rsquo;il pouvait, mais des pans entiers du travail original ont \u00e9t\u00e9 perdus. C&rsquo;est notamment vrai pour les chartes, dont van Reenen &amp; Sch\u00f8sler (2000\u00a0: 26) rapportent que la base de donn\u00e9es ayant servi pour l&rsquo;AD80 avait \u00e9t\u00e9 par la suite compl\u00e9t\u00e9e et \u00e9largie (anglo-normand, XIVe si\u00e8cle, ils fournissent la liste de ces chartes pp. 38 sq.), ce qui a port\u00e9 son volume d&rsquo;un peu moins d&rsquo;un million de mots initialement \u00e0 3,25 millions de mots. La destruction des fichiers informatiques a \u00e9galement caus\u00e9 la perte de la lemmatisation en fonction des entr\u00e9es du Tobler-Lommatzsch qui a exist\u00e9 pour les textes litt\u00e9raires et g\u00e9rait \u00e9galement la grande variation des graphies de l&rsquo;afr.\u00a0: Dees (1984\u00a0: 114 sq., 1987\u00a0: xviii) l&rsquo;\u00e9voque, mais elle n&rsquo;est plus (Morin 2007\u00a0: 32).<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">L&rsquo;h\u00e9ritage num\u00e9rique qui a pu \u00eatre sauv\u00e9 a fond\u00e9 le Nouveau Corpus d&rsquo;Amsterdam (NCA) construit par Achim Stein \u00e0 Stuttgart \u00e0 partir de 2006 suite au colloque en For\u00eat Noire mentionn\u00e9 (Kunstmann &amp; Stein 2007). Piet van Reenen a remis les fichiers \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de Stein sur sept disquettes, compl\u00e9ment\u00e9es plus tard par d&rsquo;autres fichiers retrouv\u00e9s sur des disquettes chez Hans Wesdorp, le gendre d&rsquo;A. Dees.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le NCA n&rsquo;a retenu que les textes litt\u00e9raires de cet h\u00e9ritage (il existe \u00e9galement des fichiers contenant des chartes), au nombre de 299 dans sa version initiale. Il contient donc les 200 textes qui fondent l&rsquo;AD87, les 35 textes \u00e9cart\u00e9s par Dees ainsi que d&rsquo;autres textes encore qui se trouvaient sur les disquettes. Le NCA a donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreux travaux (voir les contributions dans Kunstmann &amp; Stein 2007, Gle\u00dfgen &amp; Vachon 2013 et d&rsquo;autres) et a nourri le traitement informatique des donn\u00e9es et notamment la lemmatisation des textes en afr. (Stein 2003, 2008, Gle\u00dfgen &amp; Stein 2005, Kunstmann &amp; Stein 2006).<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">L&rsquo;ADE22 est bas\u00e9 sur les fichiers Dees d&rsquo;origine\u00a0: la reconstitution des 200 textes du corpusD qui alimente l&rsquo;interface utilisateur et la cartographie est expliqu\u00e9e en d\u00e9tail en sections 4.1 et 4.2.<\/span><\/p>\r\n\r\n\r\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\r\n\r\n\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><a id=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[1]<\/span><\/a><span style=\"font-size: 10pt;\"> L&rsquo;AD80 contient encore quelques cartes suppl\u00e9mentaires (no 269-282), mais qui ne sont pas de nature lexicale\u00a0: ainsi la carte no 269 renseigne sur la pr\u00e9sence ou l&rsquo;absence d&rsquo;un sujet exprim\u00e9.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\">\r\n\r\n<\/span><\/p>\r\n<p style=\"font-size: 15px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><a id=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Morin (2007\u00a0: 31) rapporte que seuls 261 ph\u00e9nom\u00e8nes ont en d\u00e9finitive \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour la classification des textes litt\u00e9raires.<\/span><\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1.1. Origine et motivation1.2. Localisation des textes dans le temps et l&rsquo;espace1.3. Des chartes aux textes litt\u00e9raires1.4. CorpusD : les 200 textes de l&rsquo;AD871.5. Post\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre deesienne 1.1. Origine et motivation Lorsque Anthonij Dees \u00e9crit sa th\u00e8se qui sera soutenue en 1971, la doctrine victorieuse concernant la variation constat\u00e9e dans les textes de l&rsquo;afr. 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